Exclusion du médecin dans le droit à l’aide à mourir : Opposition des Ordres des médecins et des infirmiers.

Communiqué de Presse des Ordres des médecins et des infirmiers
“Les Conseils nationaux des Ordres des médecins et des infirmiers expriment leur opposition après l’adoption par l’Assemblée nationale d’un amendement excluant les médecins des professionnels susceptibles d’administrer la substance létale dans le cadre de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir.
Si elle devait aboutir, une telle trajectoire impacterait fortement le droit des malades et les exercices médicaux et infirmiers.
Cette modification substantielle du texte interroge la cohérence globale du texte débattu par le Parlement.
En l’état des discussions, le droit à l’aide à mourir de la personne qui n’est pas en mesure de s’administrer elle-même la substance létale consisterait à se la faire administrer par un infirmier. S’appuyant sur le respect du serment d’Hippocrate, les députés ont supprimé le médecin des acteurs susceptibles d’administrer la substance létale, laissant l’infirmier seul porteur de ce rôle.
Comme en février, l’Ordre national des médecins et l’Ordre national des infirmiers réaffirment avec force que le médecin comme l’infirmier doivent « accompagner le mourant jusqu’à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d’une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage ». Ils ne peuvent « provoquer délibérément la mort », principes fondamentaux de la déontologie de ces deux professions (article 38 du code de déontologie médicale, article 21 du code de déontologie des infirmiers).
En opposition à cet amendement, loin des enjeux déontologiques, les Conseils nationaux de l’Ordre des médecins et des infirmiers appellent à rétablir l’indispensable continuum de santé constitué par le binôme médecin-infirmier.
En tout état de cause, la future loi devra impérativement prévoir une clause de conscience explicite et spécifique au médecin et à l’infirmier amenés à être sollicités pour participer à une procédure d’aide à mourir.
Les deux Ordres appellent également les parlementaires à garantir la sécurité juridique des professionnels concernés, ainsi que la cohérence des responsabilités et des missions confiées aux médecins et aux infirmiers, au service des patients et de leurs proches.”
Pr Stéphane OUSTRIC
Président du Conseil national de l’Ordre des médecins
Alain DESBOUCHAGES
Président du Conseil national de l’Ordre des infirmiers
Source: https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/exclusion-medecin-droit-laide-mourir-opposition-ordres-medecins

Et si ce texte de ce projet de loi ouvrait une boîte de Pandore, que laisserons-nous entrer ? Et vous qu’en pensez-vous?

Serment d’Hippocrate (texte original)
“Je jure par Apollon médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin, de remplir, selon ma capacité et mon jugement, ce serment et ce contrat; de considérer d’abord mon maître en cet art à l’égal de mes propres parents; de mettre à sa disposition des subsides et, s’il est dans le besoin, de lui transmettre une part de mes biens; de considérer sa descendance à l’égal de mes frères, et de leur enseigner cet art, s’ils désirent l’apprendre, sans salaire ni contrat; de transmettre, les préceptes, des leçons orales et le reste de l’enseignement à mes fils, à ceux de mon maître, et aux disciples liés par un contrat et un serment, suivant la loi médicale, mais à nul autre.
J’utiliserai le régime pour l’utilité des malades, suivant mon pouvoir et mon jugement; mais si c’est pour leur perte ou pour une injustice à leur égard, je jure d’y faire obstacle. Je ne remettrai à personne une drogue mortelle si on me la demande, ni ne prendrai l’initiative d’une telle suggestion. De même, je ne remettrai pas non plus à une femme un pessaire abortif. C’est dans la pureté et la piété que je passerai ma vie et exercerai mon art. Je n’inciserai pas non plus les malades atteints de lithiase, mais je laisserai cela aux hommes spécialistes de cette intervention. Dans toutes les maisons où je dois entrer, je pénétrerai pour l’utilité des malades, me tenant à l’écart de toute injustice volontaire, de tout acte corrupteur en général, et en particulier des relations amoureuses avec les femmes ou les hommes, libres ou esclaves. Tout ce que je verrai ou entendrai au cours du traitement, ou même en dehors du traitement, concernant la vie des gens, si cela ne doit jamais être répété au-dehors, je le tairai, considérant que de telles choses sont secrètes.
Eh bien donc, si j’exécute ce serment et ne l’enfreins pas, qu’il me soit donné de jouir de ma vie et de mon art, honoré de tous les hommes pour l’éternité. En revanche, si je le viole et que je me parjure, que ce soit le contraire.”
By L.V Reporter /Contributeur CC
#FinDeVie #DébatÉthique #SoinsPalliatifs
#AideÀMourir #RéflexionCitoyenne #SermentHippocrate
Source TraductionJ. Jouanna, Hippocrate, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1992, annexe I. (Portrait d’Hippocrate de Cos, Paris – Bibliothèque nationale, manuscrit grec 2144, f° 10 v°, XIVe siècle)











































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